En 2013, la Défense nationale publiait 63 appels d’offres sur le portail fédéral canadien. En 2025 : 1 210. En douze ans, le ministère est passé de 1 % à près de 18 % de tous les appels d’offres du gouvernement. Ce basculement ne s’est pas fait à coups de discours. Il s’est fait dans les données.
Le Canada promet depuis des années d’atteindre la cible de l’OTAN de 2 % du PIB. Les données d’approvisionnement montrent que la machine était déjà en marche bien avant que la promesse ne devienne un slogan électoral. C’est sous le gouvernement Trudeau, cible habituelle des critiques à Bruxelles, que l’essentiel du virage s’est opéré.
En 2015, la Défense nationale publiait 148 appels d’offres. En 2017 : 758. En deux ans, le ministère a quintuplé sa présence sur le portail fédéral. Le déclencheur est documenté : en juin 2017, le gouvernement Trudeau publie Protection, Sécurité, Engagement (PSE), sa politique de défense. Le budget de défense devait passer de 18,9 G$ à 32,7 G$ sur vingt ans. L’activité d’approvisionnement a suivi quasi immédiatement.
C’est la première inflexion visible dans les données : une ligne qui décolle en 2016, puis bondit en 2017, et ne redescend plus jamais au niveau de la décennie précédente.
En 2015, 148 appels d’offres. La politique PSE est publiée en juin 2017. En deux ans, la Défense nationale passe à 758. La ligne ne redescend jamais.
Constat : la politique PSE de 2017 a multiplié par cinq la cadence d’approvisionnement de la Défense en deux ans. Aucun autre événement ne produit un choc aussi net dans les données.
De 2019 à 2021, le volume se stabilise entre 696 et 764 appels d’offres annuels. Une décennie plus tôt, ces chiffres auraient semblé astronomiques. En 2022, la Russie envahit l’Ukraine en février. L’année suivante, la Défense nationale franchit les 930 appels d’offres. L’effet est mesurable, net, daté.
La part de la Défense dans l’ensemble des appels d’offres fédéraux passe de 11,4 % en 2021 à 13,2 % en 2022. Ce n’est pas une anomalie statistique : c’est une réponse institutionnelle, visible dans les données d’approvisionnement avant même d’être confirmée par les années budgétaires.
La quasi-totalité de la croissance, de 148 appels d’offres en 2015 à 691 en 2024, s’est produite sous le gouvernement Trudeau. C’est le même premier ministre que l’OTAN pressait publiquement d’augmenter ses dépenses militaires, et que plusieurs alliés présentaient comme un mauvais élève de l’Alliance. Les données d’approvisionnement racontent une autre histoire.
En 2025, alors que Mark Carney, devenu premier ministre en mars, promettait d’atteindre 2 % du PIB d’ici 2030, la Défense nationale atteignait son record historique : 1 210 appels d’offres, soit 17,5 % de tous les appels d’offres fédéraux. La dynamique était déjà engagée. La promesse électorale décrivait un mouvement déjà en marche.
Constat : la Défense nationale est le seul grand ministère fédéral dont le volume d’appels d’offres a connu une croissance soutenue et massive depuis 2017. SPAC, SSC et les autres grands acheteurs sont restés relativement stables.
Un appel d’offres n’est pas un char d’assaut. Le contrat des F-35 a été signé en 2023 ; les appareils n’arriveront pas avant les années 2030. L’activité d’approvisionnement est un signal avancé : elle mesure l’intention et la mise en branle des processus, pas la capacité déployée.
Le Canada a désormais atteint la cible de 2 % du PIB fixée par l’OTAN. Les données d’approvisionnement annonçaient cette direction depuis 2017, bien avant que cela devienne un engagement politique. La question est maintenant de savoir si la chaîne industrielle peut suivre. Entre un appel d’offres publié et un avion dans un hangar, il y a souvent une décennie.
La machine tourne à son rythme le plus élevé depuis des décennies. Le seuil est franchi. La vraie question est de savoir si les délais de livraison peuvent être à la hauteur de l’ambition.
department normalisé dans la base de données ProcureData. Les appels d’offres de la Défense nationale sont identifiés sous la valeur canonique « National Defence ». Les années correspondent à l’année civile de publication. Les chiffres de dépenses en % du PIB proviennent des rapports publiés par l’OTAN.
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